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Je n'entendais pas les voitures vrombir autour de moi. Je n'entendais pas les paroles des gens. Je n'entendais pas les critiques sèches des gens bruyants.
Je ne voyais pas le ciel grisâtre au-dessus de ma tête. Je ne voyais pas les gestes des gens qui me pointaient du doigt. Je ne voyais pas leurs regards moqueurs.
Je ne humais pas la fumée des voitures. Je ne humais les saletés des chiens des villes. Je ne humais pas l'haleine malodorante des hommes perfides.
Je ne sentais pas le sol sous mes pieds. Je ne sentais pas les bousculades des passants. Je ne sentais pas les couteaux qui s'enfonçaient dans ma chair.
Tous mes sens m'avaient quittée, me laissant dans un handicap adoré, me protégeant des flammes du mal.
Tous mes sens m'avaient quittée, fuyant les méfaits des humains avec lesquels j'étais censée vivre.
Tous mes sens m'avaient quittée. N'étais-je pas une âme errante dans le monde des vivants que je haïssais tant ?
Je n'entendais pas le vent siffler à mes oreilles. Je n'entendais pas les oiseaux chanter à la lueur du jour. Je n'entendais pas la douce musique de la forêt.
Je ne voyais pas les feuilles voler autour de moi. Je ne voyais pas les petits animaux ramper vers moi. Je ne voyais pas les rayons du grand soleil.
Je ne humais pas les si belles et nombreuses fleurs. Je ne humais pas la pureté d'un air libre. Je ne humais les délicieux parfum de la menthe.
Je ne sentais pas l'herbe épouser mes pas. Je ne sentais pas les caresses du vent qui m'aimait. Je ne sentais pas le doux pelage de la faune.
Tous mes sens m'avaient quittée, me laissant dans un handicap redouté, m'enfermant dans le vide du rien.
Tous mes sens m'avaient quittée, sacrifiant la beauté de la nature dont je ne supportais pas la séparation.
Tous mes sens m'avaient quittée. N'étais-je pas une âme errante dans la brume d'un monde que j'aimais tant ?
Pourtant, je n'étais pas morte, n'est-ce pas ? J'avais un passé et un présent. Mais je ne voyais pas les lendemains. Je ne voyais pas les années qui se présentaient à moi. Je ne voyais pas les chemins qui me tendaient leurs mains.
Oui, mon corps était bien vivant. Mais mon âme était manquante, absente, loin du corps, loin de tout, perdue dans une douleur sans nom.
Oui, j'étais une âme errante entre la vie et la mort, la réalité et le rêve.
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